La MSS pour transmettre des résultats de biologie médicale en données structurées

Le développement de la transmission dématérialisée de données de biologie médicale répond à un réel besoin des professionnels du sanitaire. Les résultats d’examens médicaux doivent d’être facilement exploitables, c'est-à-dire lisibles et accessibles, pour contribuer au mieux à la qualité des diagnostics.

Portée par l’URPS Biologistes, avec l’appui du Groupement e-santé Occitanie, une expérimentation régionale vise à développer la transmission dématérialisée du compte-rendu d’examen de biologie* via Medimail, la solution régionale messagerie sécurisée intégrée à l’espace de confiance MSSanté. A terme, les données de ces transmissions sont structurées et s’intègrent directement dans les logiciels métiers des professionnels de santé.

La généralisation de l’envoi sécurisé des comptes-rendus de biologie en données structurées présente plusieurs avantages :

  • Les professionnels de santé disposent d’une visualisation des résultats d’examens ergonomique et homogène, quel que soit le laboratoire diffuseur de ces données. Ils peuvent comparer les résultats et lire facilement l’historique du patient sur une analyse donnée.
  • De grands volumes de données peuvent alors alimenter le traitement des données pour la recherche scientifique et médicale.
  • De nouveaux services orientés vers le patient pourraient être développés pour leur permettre de comprendre leurs données de biologie.

Une expérimentation en région Occitanie pour la transmission et la réception

Quatre laboratoires pilotes en Haute-Garonne participent à ce projet en Haute-Garonne depuis 2017 : Biolab Avenir, Cerballiance Pyrénées, Cerballiance Midi-Pyrénées, Biomédica. Ils ont été sélectionnés notamment en fonction des capacités techniques des éditeurs de SIL (AGFA, SOTRAIG, Weda).

Du côté récepteur de résultats, deux Maisons de Santé Pluriprofessionnelles (MSP) ont également été identifiées pour cette expérimentation : la Providence (Toulouse) et Aurignac. Ces deux structures sont équipées d’un logiciel de gestion de cabinet (Weda) intégrant les résultats structurés selon la norme CDA R2 N3.

Le Cadre d’Interopérabilité des Systèmes d’Information de Santé (CI-SIS) fixe le cadre de conformité pour le compte-rendu de biologie (CR-BIO) : la structuration du compte-rendu doit être au format CDAR2N3 et doit comporter la nomenclature internationale LOINC (HL7V2 pour les échanges intra-hospitaliers).

L’expérimentation en Occitanie a permis d’identifier des difficultés pour l’envoi des données selon la norme CDA R2 N3 au niveau des SIL (logiciels laboratoires) ainsi que la non-maturité de la majorité des logiciels de gestion de cabinet pour l’intégration des résultats en données structurées.

L’enjeu de la mise en conformité des SI pour la structuration des données

Les obstacles pour l’envoi ont pu être levés, les développements nécessaires des SIL ont été réalisés par les éditeurs. La série de tests entre les laboratoires Cerballiance et la MSP d’Aurignac comme celle de tests entre Biolab Avenir et la MSP de la Providence ont été validés. Cela confirme la capacité côté laboratoires d’envoyer des résultats structurés avec les normes établies pour garantir une intégration optimale de ces informations aux logiciels de gestion de cabinet médicaux.

En revanche, seul un éditeur de LGC est déjà en mesure de recevoir les résultats dans ce format optimal. Des travaux sont en cours pour faire évoluer les LGC des autres éditeurs.

Pour une généralisation des usages, il faudra que les biologistes aient bien paramétré les résultats selon le référentiel LOINC et que les LGC soient conformes aux référentiels d’interopérabilité. Il sera ensuite possible de répliquer cette procédure à l’ensemble des acteurs de la région et atteindre la simplification des usages et de l’exploitation des résultats de biologie médicale.

 

* Compte rendu d’examen de biologie tel que défini par le décret n° 2016-46 du 26 janvier 2016

 

Pour aller plus loin :

L’Agence du Numérique en Santé (ANS) accompagne les acteurs dans la mise en place de ces référentiels avec une formation en ligne et des webinaires. De plus, un espace de tests d’interopérabilité est mis à disposition des éditeurs.

 

[1] Compte rendu d’examen de biologie tel que défini par le décret n° 2016-46 du 26 janvier 2016