La priorité : sécuriser les échanges de données personnelles de santé

 Fatima Boughaf dirige le Réseau de soins palliatifs SPHERES  et Union PTA 34, ces deux structures ont recours aux services numériques de santé. Un retour d'expérience qui témoigne des difficultés comme de la motivation !
 

Le Réseau de soins palliatifs SPHERES propose un appui aux professionnels pour des interventions en soins palliatifs, à domicile, auprès de patients dans des situations complexes. Il était important que l’équipe utilise un outil commun et sécurisé. Il s’agit vraiment d’intégrer la démarche qualité des données, sur divers niveaux.

Concernant la plateforme territoriale d’appui sur le territoire de l’Herault, il s’agit d’une activité départementale avec un numéro unique répondant à tout professionnel confronté à toute situation complexe quelle que soit l’âge, la pathologie ou le handicap. Union PTA 34 exerce avec l’ensemble des ressources sanitaires, médico-sociales et sociales de l’Hérault.

 

Vous utilisez la messagerie sécurisée de santé Medimail, pour quelles raisons ?

A l’usage, le principal avantage de cette solution de messagerie sécurisée est d’avoir accès au répertoire des professionnels de santé régionaux. Avec ce répertoire, nous savons facilement si le professionnel avec lequel nous avons besoin d’échanger des données possède une messagerie sécurisée. Ce n’est pas toujours le cas, loin de là, et c’est un frein réel, très marqué pour le réseau SPHERES, en lien avec les médecins traitants.

Mais avec le développement des comptes de messageries sécurisées, Medimail ou autres, et l’espace de confiance MSSanté, le système national de messagerie, nous allons enfin sécuriser tous les mails adressés aux professionnels ! La généralisation de ces pratiques progresse, il faut du temps pour que tout le monde s’approprie ces outils afin d’atteindre l’objectif d’une sécurisation de tous les échanges.

 

Est-ce que vous utilisez également d’autres services numériques de coordination ?

En complément, nous utilisons SPICO Discussions, la messagerie instantanée sécurisée, depuis sa sortie en novembre 2020. Par rapport à nos usages, qui sont principalement sur ordinateur, en poste fixe, nous recourrons encore aux adresses mails, du fait de l’absence de détention de téléphone portable sur la PTA. Notre principale difficulté est liée aux conditions de sécurité, avec le code renouvelable toutes les 30 min.

Là aussi, nous sommes sur la bonne trajectoire. L’important est de donner accès aux utilisateurs à un outil facilement utilisable et suffisamment sécurisé.  

 

Que vous ont apporté les services d’accompagnement du groupement e-santé Occitanie ?

J’ai connu le groupement e-santé Occitanie avec et sans animateur territorial. Pour ma part, l’intervention d’un animateur territorial apporte une proximité qui est essentielle, d’une part pour la réflexion sur notre propre stratégie numérique de santé, à notre échelle, d’autre part en appui technique. Aujourd’hui, nous sommes plus facilement informés des nouvelles actualités, nous avons un interlocuteur dédié avec un suivi personnalisé et un véritable accompagnement dans l’usage des outils. La qualité de ces échanges ont permis d’intégrer la e-santé comme essentielle dans nos projets de développement.

 

Quelles recommandations feriez-vous à d'autres structures de coordinations régionales  ou utilisateurs comme vous ?

Il est primordial de sécuriser au maximum les données de santé. Pour cela, les outils numériques de santé apportent une garantie. Ensuite, je vois de nombreux avantages à s’appuyer sur une structure régionale pour parler le même langage numérique, choisir ensemble des outils communs, faire remonter les problèmes liés aux usages partagés et s’assurer d’une passerelle sécurisée pour les échanges de données.

De plus, les outils déployés au niveau régional sont achetés, mis à jour et maintenus par les équipes du Groupement, cela simplifie et allège le travail pour nous.

Un outil pour tous, cela a toujours été la philosophie de la mutualisation des réseaux qui depuis leurs créations travaillaient avec un seul et même logiciel.

 

Comment voyez-vous la e-santé dans votre structure/votre secteur d'activité dans un an ?

Je pense que nous constaterons un développement important de la e-santé. Cette dernière va faire partie du quotidien des soignants, mais également des équipes d’appui, du DAC. L’idéal serait que dans un an tout soit mis en place, le dossier patient, les outils, etc.

 

Entretien mené par Adjaratou Assani, animatrice territoriale.