Point d’étape sur les travaux d’urbanisation du SI régional

David Loupia, Urbaniste au Groupement e-santé Occitanie, fait le point sur les travaux en cours d’alignement du SI régional au cadre national, d’évolution du cadre d’urbanisation régional et de collaboration entre les différentes régions sur ces sujets structurants.
 

Le GRADeS Occitanie a renseigné l’outil national ANS Convergence, quel est le verdict ?

L’objectif de la démarche Convergence est d’avoir un panorama, un diagnostic et une trajectoire pour tous les services numériques de santé portés en région. Un outil en ligne « Convergence » est utilisé pour identifier les services opérationnels, puis évaluer la maturité, pour chaque service, en termes d’urbanisation et d’interopérabilité et enfin pour définir une feuille de route détaillée vers le niveau de maturité souhaité.

Sur la région Occitanie, 19 services opérationnels ont été évalués fin 2020. Les résultats sont satisfaisants, avec un taux de maturité global de plus de 70% sur l’urbanisation et de plus de 80% sur l’interopérabilité. Parmi les axes d’amélioration figurent le renforcement du référentiel de cybersécurité (PGSSI-S), qui devient un enjeu de plus en plus important ou l’alimentation et la consultation du DMP dans les SI régionaux, la grande majorité des régions fait face aux mêmes défis sur ce dossier.

La publication nationale, incluant tous les services évalués, est accessible à tous sur le site web de l’ANS. Une mise à jour des données est prévue tous les semestres.

Cette démarche Convergence, initiée avec les GRADeS, est maintenant étendue aux éditeurs et sera ouverte aux structures au deuxième semestre 2021.

 

Le SI régional est également en évolution pour atteindre les cibles nationales et régionales, où en est-t-on ?

Les travaux ont débuté en 2019, lors de l’initialisation du cadre d’urbanisation (recensement des outils existants, définition d’une cible à 4 ans et lancement du plan de transformation). La première priorité porte sur la rationalisation des outils mis à disposition des acteurs de la région. L’historique de deux régions réunies s’est traduit par la coexistence de nombreux outils et marchés, parfois redondants. Les travaux en cours concernent particulièrement la migration des usages des outils historiques vers deux outils cibles : TéléO sur la télémédecine et Imagerie et SPICO sur la coordination.

La seconde priorité porte sur la mutualisation de fonctions transverses entre différents outils. Par exemple, la région s’est équipée en 2020 d’une plateforme d’intermédiation qui assurera l’interopérabilité entre les services régionaux et les SI des acteurs de santé. Nous pouvons aussi mentionner le Point d’Accès Services e-Santé (PASS) qui centralise la gestion des comptes utilisateurs et les moyens d’authentification.

La cible d’urbanisation est en constante évolution, pour prendre en compte de nouvelles demandes régionales et s’adapter aux chantiers nationaux. Le plan de transformation est donc modifié en fonction, une revue trimestrielle permet à la fois de faire le point sur les avancées et les changements de contexte.

 

L’importance de ces travaux d’urbanisation est-elle audible en cette période de pandémie ?

L’urbanisation est la traduction de la stratégie SI d’une structure, elle permet de donner un cap et du sens. On ne peut pas opposer urbanisation et crise : il peut être nécessaire de déroger ponctuellement à des principes d’urbanisation mais cela ne peut pas rester pérenne. En revanche, cette période peut aussi permettre d’accélérer la prise en compte de certains besoins, par exemple celui de s’authentifier via smartphone (avec e-CPS et ProSantéConnect) à plusieurs outils en lien avec l’épidémie COVID-19 (SI-DEP, VAC-SI). D’ailleurs, l’urbanisation de nos villes est aussi une conséquence des crises sanitaires du passé !