"Simplicité, échange et confort"

Les usages de messageries sécurisées de santé, pour des échanges de documents et pour des conversations avec les professionnels du cercle de soins, améliorent la prise en charge de jeunes patients souffrant d’obésité.
Entretien avec Charline Laurent, coordinatrice du réseau Manger Bouger 11 de l’Aude 
 

Diététicienne de formation, Charline Laurent a exercé en profession libérale pendant 10 ans avant d’intégrer l’association Manger Bouger de l’Aude et de devenir en janvier 2021 coordinatrice dans cette structure.

L’association a vu le jour en 2013 et porte le dispositif de prise en charge de l’obésité pédiatrique pour les enfants du Grand Narbonne de moins de 16 ans depuis 2015. En juillet 2022, l’association Manger Bouger devrait intégrer le Dispositif d’Appui à la Coordination (DAC). Les prises en charges complètes seront alors proposées sur un territoire élargi.

 

Quels outils et services régionaux utilisez-vous et depuis combien de temps ?

Nous utilisons la messagerie sécurisée de santé Medimail depuis trois ans environ pour envoyer et recevoir des documents tels que des bilans aux professionnels de santé qui prennent en charge les enfants souffrant d’obésité pédiatrique. Les usages sont quotidiens.

Depuis fin 2020, nos échanges passent beaucoup par SPICO Discussions, la messagerie instantanée sécurisée, pour des conversations et des messages d’information immédiate, nous attirons ainsi leur attention sur un nouvel élément. 

Nous avons recours à Medimail ou à SPICO Discussions en fonction de la nature de l’échange, envoi de documents ou conversations, mais aussi en fonction de l’adhésion des professionnels à l’outil. Nous nous adaptons aux habitudes des professionnels de santé.

 

Que vous apporte SPICO Discussions ?

Discussion, échange et confort !

L’instantanéité de SPICO nous est très utile et facilite les échanges entre les professionnels réunis dans un parcours de soins. Le professionnel va plus facilement répondre et même donner quelques éléments complémentaires.

L’usage de SPICO Discussions sur smartphone est un grand atout. C’est plus facile et plus rapide pour le professionnel de répondre à une discussion sur smartphone, la connexion est simple, il suffit de renseigner le code à 4 chiffres ou d’utiliser son empreinte digitale. L’ergonomie de l’interface permet de suivre les fils de discussions, de partager des documents et de prendre note des messages non lus grâce aux notifications.

Ce nouvel outil n’a pas révolutionné notre façon de fonctionner avec les professionnels mais nous observons que les patients bénéficient d’une meilleure prise en charge dès lors que les échanges entre professionnels sont plus fluides. Ce n’est pas encore de la coordination mais déjà un meilleur partage d’information.

 

Quels sont ou ont été les difficultés, les freins que vous avez rencontrés ?

J’essaie de faire connaitre SPICO à l’ensemble des professionnels et partenaires avec lesquels je travaille. Certains professionnels éprouvent des réticences dans le passage au numérique ou manquent de temps pour s’y mettre. J’essaie de les aider au mieux en leur proposant mon assistance et je mets à leur disposition les brochures et le lien de téléchargement de SPICO sur notre site internet.

Pour celles et ceux qui rencontrent des difficultés dans l’installation de l’outil et/ou la création d’un compte, ils contactent le Centre de Services du Groupement e-santé Occitanie. Les retours sont positifs sur l’aide qui leur est apportée et ensuite ces professionnels recommandent même à leurs collègues de franchir le pas ! C’est important car nous avons besoin que tout le monde l’utilise pour vraiment gagner du temps et de l’efficacité. Aujourd’hui environ la moitié de nos partenaires utilisent SPICO.

Certains professionnels continuent à nous envoyer des infos sur un mail normal, nous avons donc aussi à sensibiliser sur la sécurité du partage des données médicales.

 

Qu’attendez-vous de l’accompagnement aux usages du numérique en santé ?

Le lien avec l’animateur territorial me permet d’être informée et aidée dans la prise en main de l’outil mais Je trouve aussi beaucoup de ressources en ligne, les vidéos de présentation et tutoriels sur les principales fonctionnalités des outils numériques. Les échanges avec l’animateur territorial sont surtout utiles pour adresser mes remarques, je remonte les difficultés d’usages ou les besoins que nous rencontrons, par exemple des bugs sur la recherche des professionnels dans l’annuaire ou l’absence d’accès à l’annuaire sans être dans une discussion. Ensuite je peux aussi contribuer lors des sessions des groupes de travail et suivre l’évolution des outils.

 

Quels sont vos autres besoins de services numériques de santé ?

Dans le cadre de notre activité, nous aurions besoin de faire de la télé-éducation thérapeutique afin de pouvoir proposer à distance des séances de groupe d’Education Thérapeutique du Patient. Il nous faudrait pouvoir bénéficier d’une plateforme qui propose ce service et qui bénéficie d’une garantie d’hébergement de données de santé.

 

Comment voyez-vous la e-santé dans votre structure/votre secteur d'activité dans un an ?

Pour notre structure, nous avons un défi important avec SPICO Dossiers, nous allons changer nos habitudes et renoncer à des fichiers construits avec nos moyens. Nous aurons ainsi des dossiers partagés et un accès rapide à des indicateurs d’activité. Aujourd’hui, nos données sont consignées dans des feuilles de calcul et l'accès à ces indicateurs et à leurs statistiques nous prend beaucoup de temps…

Plus largement, j’espère que d’ici un an, nous aurons eu le temps de convaincre les professionnels, de les mobiliser pour améliorer les échanges numériques et l’utilisation d’outils de coordination. Beaucoup de personnes sont « moteurs » et peuvent avoir une grande influence, notamment les groupements de professionnels comme les MSP ou les CPTS. Il me tarde que cela se développe et que beaucoup de professionnels y adhèrent.

 

En savoir plus sur l’association Manger Bouger

L’objectif est de contribuer à l’amélioration de la santé des enfants du Narbonnais, de créer une culture commune entre les professionnels et d’encourager l’intervention coordonnée dans la prise en charge de ces jeunes patients. Cette approche pluriprofessionnelle regroupe des libéraux, des médecins, des diététiciens, des psychologues et des enseignants en activité physique. Les prises en charges sont accompagnées d’activités visant à maintenir dans le temps les effets de la thérapie : des ateliers de cuisine, des ateliers sur les compétences psychosociales, des séances d’activités physiques adaptées… Un programme d’Education Thérapeutique du Patient (ETP) porte sur la remotivation des jeunes en situation d’obésité.

 

Entretien mené par Christophe Camusso, animateur territorial.