Une "étape mythique" du Tour de France e-santé en Occitanie

Retour en texte et en images sur la journée du Tour de France des régions du numérique en santé, ce jeudi 3 octobre en Occitanie. Les acteurs régionaux se sont déplacés massivement pour participer aux échanges avec la délégation nationale du numérique en santé, à Montpellier et à Toulouse.

L'hémicycle de l'Hôtel de région à Toulouse (250 places et les balcons) ainsi que l'amphithéâtre de la faculté de médecine de Montpellier (250 places) étaient pleins ce jeudi 3 octobre pour assister à la journée du Tour de France e-santé. Le choix d'être présent sur les deux sites, en duplex, pour permettre à un plus grand nombre d'acteurs de santé de la région de participer à ces échanges a été validé par les 600 inscriptions enregistrées : effectivement l'Occitanie est mobilisée sur la e-santé ! Plusieurs centaines de personnes ont également suivi la journée avec la retransmission en direct assurée par l'ASIP santé. Toujours dans l'objectif d'ouvrir à tous la possibilité de réagir et poser des questions, les canaux ouverts à cet effet (mail dédié et #TDFOccitanie)

Les priorités régionales

Michel Boussaton et Bertrand Monthubert, conseillers régionaux, ont ouvert et clos la journée en soulignant l'engagement de la région Occitanie sur l'e-santé. Michel Boussaton a accueilli Dominique Pon avec des remerciements pour l'impulsion marquée d'humanisme de la feuille de route du numérique en santé :  "le numérique n'est pas abstrait et doit être adapté à l'humain". Pierre Ricordeau, directeur général de l'ARS Occitanie a ensuite rappelé les enjeux de santé dans la région et trois priorités du projet régional de santé : accéder aux soins ; se coordonner ; innover. Puis le Pr Laurent Schmitt, président de la Conférence Régionale de la Santé et de l'Autonomie (CRSA), décrite comme "le parlement" de la santé, a exprimé l'enthousiasme des professionnels et des usagers pour cette journée. Les attentes sont fortes concernant l'Espace Numérique de Santé, espace destiné aux citoyens quel que soit l'âge et l'état de santé, mais aussi la formation des professionnels de santé via la simulation et l'intelligence artificielle, appuyée sur les big data. " La santé numérique est notre avenir, ce n'est pas un gadget" a souligné le Pr Schmitt, en citant encore l'éducation thérapeutique, la recherche médicale, les communautés d'usagers, la télésurveillance, la coordination médicale. "Le numérique est sans doute la manière que nous aurons de nous coordonner avec tous les professionnels de santé et également de pouvoir avoir des actions de prévention".

La feuille de route nationale

Les participants attendaient particulièrement la présentation détaillée de la feuille de route nationale du numérique en santé. Dominique Pon, responsable ministériel du numérique en santé, qui jouait à domicile en Occitanie, avait annoncé la couleur à la délégation nationale: "C'est la cinquième étape de notre tour de France mais c'est une étape mythique, c'est le Tourmalet du Tour de France". 

Voir la présentation de la feuille de route, par la délégation nationale (DNS, CNAM, DGOS, ANAP, CNSA, DSS, ASIP Santé)  (Rediffusion possible en cliquant sur la flèche - présentation à partir de 20’)

Les tables-rondes

Les visions régionales et nationales ont ensuite été croisées sur deux thématiques :

- Renforcer l’accès aux soins : « Pourquoi et comment accompagner les usages de la télémédecine et du télé-soin ? » (à partir de 1:20)
- Développer l’offre e-santé : « Identifier / Qualifier / Diffuser » (à partir de 2.03)

Dans un débat annoncé sans langue de bois, Dominique Pon a rappelé que les questions de financement et de réalité des usages numériques ne devaient pas paralyser l’action. « Il y a eu de l’argent ces vingt dernières années, mais avec une grosse dispersion donc cela n’a pas été efficace. Il ne faut pas rêver de trucs fantastiques, mais faire humblement des choses et construire sur la durée. C’est ainsi que nous aurons des usages. »

Débats en amphi ou en ateliers de co-idéation

En début d’après-midi les participants ont eu le choix entre poursuivre les débats en duplex dans les deux salles, Montpellier et Toulouse, sur le référencement des applications de santé et assister à une présentation de l’e-CPS, ou participer à des ateliers de co-idéation. Chacun des 14 groupe a travaillé sur un des 5 parcours de patients représentés par des « persona ».

- Personna Delphine Parcours Cancer : Delphine, 42 ans, a eu un cancer du sein. Elle est aujourd’hui sous hormonothérapie et bénéficie d’un suivi par plusieurs professionnels.

- Persona Adèle Parcours Vieillissement : Adèle, 85 ans, fait de l’hypertension et est diabétique. Elle a des troubles cognitifs non diagnostiqués à ce jour.

- Persona Jérôme Parcours Handicap & Vieillissement : Jérôme, 62 ans, est polyhandicapé (psychique et moteur). Il bénéficie d’un traitement neuroleptique et anxiolytique lourd. Il approche de la retraite.

- Persona Alex Parcours Couple-Mère-Enfant : Alex, 9 ans, rencontre des difficultés scolaires multiples (lecture difficile, calcul fragile, difficultés d’attention en classe).                          

- Persona Boris Parcours Couple-Mère-Enfant :  Boris, 11 ans et 5 mois, possède des troubles du déficit de l’attention et de l’hyperactivité (TDAH). Il suit un traitement médicamenteux dont la posologie et la forme galénique nécessitent d’être régulièrement adaptées.

Une restitution de leurs travaux sera présentée et publiée prochainement.

Innovations en Occitanie

La délégation nationale, présente le matin à Montpellier, est arrivée à Toulouse en milieu d’après-midi pour entendre les présentations sur six innovations en santé. Quatre avaient été  sélectionnées parmi les 24 candidats qui souhaitaient pitcher devant la délégation nationale et les acteurs régionaux :

- EDOP, la plateforme d’information médicale pédagogique et de dématérialisation du consentement éclairé
- PharmaExpert Santé, de Pixience, pour la prise en charge dermatologique de proximité
- MAX, de BOTdesign, pour un gain de temps médical en suivi oncogériatrique
- Urgences Chrono, pour donner le pouvoir au patient de consulter en urgence en toute simplicité.

Deux acteurs régionaux sont également intervenus durant cette session « pleins feux sur l’innovation en Occitanie » :

- Le MEDES, avec les unités mobiles en support à des services d’hôpital hors les murs
- Toulouse Tech transfert, avec JAST, une intelligence artificielle de nouvelle génération pour l’apprentissage non supervisé.

D’autres innovations étaient également présentées sur des stands, à Montpellier et à Toulouse :

- HYGIA (TOULOUSE) -  Hygia propose un fauteuil connecté assurant la prise de constantes, mis à disposition des médecins et patients dans la salle d’attente, ainsi qu’une solution collaborative de soins.
- MIPIH (TOULOUSE) - La plateforme d'échanges et de partages sécurisée Medipeps fluidifie la relation Hôpital-Ville-Patient pour faciliter le parcours de soins.
- CLONE (TOULOUSE) – Ce jeu sérieux, au plus proche du quotidien d'un service clinique de médecine générale, sert à la formation des futurs professionnels en soins infirmiers sur l'organisation du travail en équipe et la planification des tâches.
- ANATOSCOPE (MONTPELLIER) – conception automatique d'appareillages en dentaire et orthopédie. Un jumeau numérique 3D de l'anatomie d'un patient permet modéliser des pathologies et de concevoir virtuellement des dispositifs médicaux personnalisés.
- PIKCIO (MONTPELLIER) - Vigicard est une application web et mobile permettant, grâce à la PikcioChain (blockchain à permission), d'enregistrer, valider, tracer et partager les informations des patients concernant les réactions et allergies médicamenteuses.

Bilan de la journée

Enfin la journée s’est achevée sur un bilan, dressé par Pierre Ricordeau, Directeur Général de l’ARS Occitanie et Dominique Pon.

Voir le bilan (1 :11)