TéléO : les établissements de santé proposent les téléconsultations aux patients à domicile

Le CHU de Toulouse a réalisé les premières téléconsultations avec la nouvelle plateforme régionale de télémédecine TéléO. Dans ce contexte d’épidémie de coronavirus et de confinement de la population, les professionnels de santé des établissements sanitaires d’Occitanie développent les téléconsultations pour les patients à domicile ou en établissement médico-social (EHPAD).

Les téléconsultations sont proposées par les médecins des établissements de santé pour des patients à domicile.  « Nous avons eu besoin de toute urgence d’un outil de téléconsultation d’une part pour des nouveaux patients contaminés par le coronavirus et d’autre part pour assurer la continuité des soins de nos patients suivis pour d’autres pathologies » explique le docteur Antoine Piau, médecin et porte-parole de l’unité médicale transversale de télésanté (UMTT) au CHU de Toulouse. « Les patients covid19 peuvent décompenser vite et il est impossible de tous les hospitaliser, les médecins du CHU pratiquent donc dans certains cas bien ciblés des consultations à distance pour réagir rapidement en fonction de l’évolution de leur état de santé. Par ailleurs, pour libérer des lits, nous avons dû repousser de nombreuses interventions programmées dans le cadre de notre activité habituelle mais nous veillons à ce que ces délais nécessaires n’entraînent pas de pertes de chances pour les malades qui le nécessitent, hors coronavirus. Certains patients doivent bénéficier d’un suivi étroit et de téléconsultations régulières ».

Premiers retours d’expérience très positifs

Les équipes du CHU (service informatique, UMTT, médecins volontaires pour tester l’outil), celles d’e-santé Occitanie et de l’éditeur NEHS DIGITAL se sont mobilisées pour mettre à disposition une solution très rapidement. « Nous avons fait trois ans de travail en une semaine ! » constate le docteur Antoine Piau. « Mais le résultat est là, la solution est ergonomique et surtout adaptée à nos pratiques, nous pouvons réaliser les téléconsultations de l’hôpital mais aussi de notre domicile, d’un ordinateur ou d’un mobile… ».

Les patients réagissent bien à cette nouvelle forme de pratique médicale. « Ils n’ont aucune inquiétude sur la sécurité, ils nous font confiance sur ce point, et sont satisfaits de la qualité de l’échange avec leur médecin, même à travers un écran. » relève Antoine Piau. « Il peut y avoir quelques difficultés techniques, soit parce que le patient, les personnes âgées notamment, est peu à l’aise avec les outils numériques, soit parce qu’il y a un dysfonctionnement ponctuel lié à la rapidité de déploiement. Tout n’est pas rose mais on avance efficacement »

Un service régional pour les établissements sanitaires

Pour les médecins, il faut se préparer à travailler différemment. « La téléconsultation est une autre forme de médecine, ni mieux ni moins bien, différente. C’est juste un outil mais la généralisation de la téléconsultation modifie profondément notre organisation » décrit Antoine Piau. « Toutes les habitudes sont à revoir, médicales et administratives. Ce changement doit être préparé avec les médecins, les personnels administratifs, les informaticiens, les techniciens… »

Les établissements de santé sont accompagnés dans la mise en place de ce nouveau service et un support renforcé est disponible pour les patients. Le déploiement de la plateforme régionale de télémédecine Téléo a été accéléré pour répondre aux besoins immédiats des praticiens des établissements de santé de la région. 26 établissements, centres hospitaliers et cliniques, ont demandé à accéder à ce service, près d’une dizaine commenceront à l’utiliser dans les prochains jours. Plusieurs sessions de formation à distance (webinar) sont proposées aux professionnels de santé, chaque rendez-vous réunit près d’une centaine de participants.   

Les coûts de mise en service et d’usage de la solution TéléO sont pris en charge à 100% par l’Agence Régionale de Santé jusqu’au 30 juin 2020. Un modèle économique attractif pour les établissements sera travaillé avec l’ARS, les établissements utilisateurs et le Groupement e-santé Occitanie dès la sortie de crise pour inscrire durablement les usages dans le paysage des prises en charge hospitalières en Occitanie.

Du rendez-vous à l’ordonnance, les fonctionnalités de TéléO

Développé par l’éditeur NEHS DIGITAL le module de téléconsultation au domicile du patient propose trois fonctionnalités principales :

  • Organisation de la téléconsultation : la planification de rendez-vous via une interface d’agenda, la connexion du patient (identifiant et mot de passe, tests de débit et qualité vidéo/ audio de l’appareil utilisé) et son accueil au moment du rendez-vous, via une salle d’attente virtuelle.
  • Echanges sécurisés de documents : dépôt et téléchargement par le patient ou par le médecin de documents via le télédossier du patient (comptes-rendus, ordonnance, résultats de laboratoire, photos, etc.)
  • Consultation en mode synchrone par vidéotransmission : vidéo, partage d’écran pour le médecin, messagerie simultanée pour tchatter, prise de note, possibilité de capture d’écran ou enregistrement de la consultation.

La solution est en full Web et fonctionne en WebRTC avec webcam et micro classique (des 2 côtés), et peut également fonctionner en mobilité (smartphone, tablette, etc.).

Autres services numériques covid19 et développement de la e-santé

La téléconsultation pour les établissements de santé est complémentaire d’autres services proposés aux professionnels de santé d’Occitanie dans le cadre de l’épidémie de coronavirus, comme le télésuivi ville-hôpital des patients cas suspects ou confirmés covid19 ou la téléconsultation pour les médecins libéraux. L’agence régionale de santé et e-santé Occitanie appuient l’URPS Médecins Libéraux dans le déploiement généralisé de la solution Medicam. (informations services/Covid19).

Ce contexte de crise sanitaire impose de transformer rapidement les pratiques et de s’appuyer davantage sur le numérique en santé, constate Antoine Piau. « Cette transformation du système de santé avait débuté puisque, au-delà de l’épidémie, la forte augmentation de la demande de soin se heurte à une capacité d’offre limitée. Cependant nous devons agir beaucoup plus rapidement que prévu, tout s’accélère. Quand l’épidémie se terminera, nous continuerons à utiliser ces services numériques, nous travaillons en urgence mais les bénéfices seront durables, ce sont les bases de la médecine de demain. »